violenceVARIATION SUR LE VOL

NATURE MORTE

"Et je les entends encore nous le dire, mais là n'est pas le pire Le pire est qu'on ait fini par le croire, mon frère Le pire est qu'on en ressorte avec le mépris de nous même" LA RUMEUR

Puis quelques années. Plus tard, trop tard peut être. Les manèges se sont ressenties éraflures, la découverte du monde s'est colorée lumière noire, l'abîme s'est offert les pas du garçon... Ou encore est-ce ce dernier qui s'est offert ce racaille luxe : plongée en continu, sourires carnassiers, regards hypocrites. Tout l'attirail de ceux qui détestent la vie par attitude, parce qu'ils ne connaissent rien d'autre et qu'ils désapprirent de rire, par choix.

Aussi, solitude de sa génitrice qui s'est muée en dévoration de l'intérieur, du cerveau s'est occupé le lent ravage d'aiguilles qui trottent : fatigue renoncement, rêves mués en auto-emprisonnement, jolie fuite dans l'imaginaire qui se solde en dé-traquement pour marotte. Elle n'a plus l'air jeune, ô ça non ! - n'a même plus l'air féminine, plutôt l'air vicié de ceux qui sont restés dans l'ombre trop longtemps, dédaignant ce soleil qui n'offre ses joies que lors contre lui d'un affrontement.

Ils vont encore se promener ensemble, au jardin ou ailleurs qu'importe, l'habitude. Mais les jeux ne sont plus les mêmes, leur addition un plus un est redevenue égale à deux, ils ne savent plus être ni Un ni encore Deux + Un...

Ce jour, l'addition qui préoccupe l'esprit du garçon, c'est l'addiction à la caillasse qu'il saura trouver dans la poche de sa mère, le pognon qui s'apprend qui se prend dont on s'éprend. Comme souvent, sa main trouvera son chemin, en vol. Pour sûr, il pourrait demander mais ne demande t'on pas qu'à ceux qu'on respecte ? Quoi ! Faudrait-il en plus avoir du respect pour cette crevure qui n'a pas pu n'a pas su n'a pas voulu nous éviter notre auto-questionnement ? N'était-elle plus assez là quand la honte nous bouffait la gorge, devant ses délires en dérive ? Excuse - elle alors plus là, ses remparts furent fossés, quand l'intime commença de nous assiéger - soit égoïsme classique, autre destruction recherchée : impossible de saisir ses parents dans ses bras quand on ne sait que glisser sur leur image.

Sa mère supportera comme toujours la petite arnaque, elle sait qu'il y a là manque de réflexion atterrant : son pauvre fils ne peut même se rendre compte que, vu leur situation, elle est obligée de savoir où leurs finances les mènent, qu'elle dissèque la moindre unité... Mais elle, elle ne dira plus rien : en un reste de coin bleu roi du cerveau, souvenir de l'enfant s'amenuise mais résiste, image bonheur pour avancer dans cette vie où les nuages ne se forment plus qu'en brouillard écran gris télévision, mire qui accompagne ses nuits. Elle veut juste. S'occuper du. Moins possible. Là, séparation s'achève : où, l'entraille pue…